Dans un article absolument délirant publié dans les pages du journal Le Devoir, on apprend que le fait d’imposer la réussite de certains cours de langue française serait rien de moins qu’un pensionnat 2.0. Du moins, c’est ce qu’affirme Denis Gros-Louis, directeur général du Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN). Comment prendre cette affirmation grossière ?
Selon ce membre de la nation wendat, le fait d’imposer des cours de français – et donc leur réussite – serait un frein à la poursuite d’études collégiales pour les membres des Premières Nations. On pense ici au cas des Mohawks, qui ont toujours eu en aversion le français et l’existence même de la nation québécoise. Du moins, au plan politique.
On parle régulièrement de « vérité et de réconciliation », mais toujours est-il que pour qu’il y ait vérité, il faut s’en tenir à des faits démontrables. Et pour qu’il y ait réconciliation, il faut que les deux parties se mettent d’accord pour en voir le processus. On ne sent aucune ouverture de la part des conseils de bande, ou bien des organisations nationales censées représenter les Autochtones auprès des autres paliers de gouvernement.
Il est fort probable qu’il y ait eu quelques cas individuels d’échecs scolaires liés à une mauvaise maîtrise du français. Et quelques cas d’exil volontaire dans une autre province. Mais toujours est-il que la langue seconde enseignée au collégial s’adapte au niveau de l’étudiant. Par exemple, si la maîtrise du français (ou de l’anglais) n’est pas si bonne, il est normal de mettre l’étudiant dans une classe ayant un niveau moins élevé que les locuteurs avancés.
De plus, quantité de nouveaux arrivants s’installent au Québec à un âge relativement avancé, disons à l’adolescence, sans parler français ni anglais. Pourtant, cela n’empêche pas nombre d’entre eux de faire de brillantes études. Conditions matérielles peut-être ? Plusieurs enfants qui arrivent ici comme réfugiés vivent dans un état de précarité similaire à celui des Premières Nations. Mais cela ne semble pas émouvoir les leaders autochtones qui trouvent toujours une bonne occasion de casser du sucre sur le dos du Québec.
On trouvera toujours des raisons de délégitimer l’existence du Québec et du peuple québécois. Pourtant, lorsque Maxime Bernier fait une publication polémique dans les deux langues, concernant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, celle en français est reçue avec beaucoup plus d’hostilité que celle en anglais.
Le Québec, ayant des volontés autonomistes, voire indépendantistes, sait qu’il doit négocier avec les Premières Nations. Il s’ensuit une surenchère, avec de l’autre côté le gouvernement fédéral, qui n’a pas du tout intérêt à ce que le Québec s’entende avec les peuples autochtones.
Par exemple, la création du Nunavut en 1999 par une décision de Jean Chrétien. Ayant séparé l’immense archipel et une partie continentale des Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut est une réponse aux volontés indépendantistes du Québec. Car au Québec, il y a le territoire nordique du Nunavik. La plupart des gens ne pensent pas à cela.
D’où l’intérêt pour certains leaders autochtones de faire monter les enchères. Ils savent qu’un financement important est imminent et qu’en prime, ils sont intouchables s’ils tiennent des propos dégradants à l’égard du peuple québécois. Pourtant, les Québécois sont plus sensibles aux questions autochtones que le reste du Canada. On l’a vu avec l’occupation des rails par la nation Wet’suwet’en en 2018.
Quoi qu’il en soit, Denis Gros-Louis ne fait que donner des munitions à Maxime Bernier avec des déclarations aussi choquantes. On n’a qu’une seule envie : ne lui accorder aucune crédibilité. Ce chantage constant par rapport à l’histoire malheureuse des pensionnats est profondément malhonnête. Et nous devrions pouvoir en parler sans accuser les Québécois de procéder à un nettoyage ethnique.



