Dernière heure — Décès du sociologue Guy Rocher à 101 ans

Le Québec perd aujourd’hui l’un de ses grands penseurs. Radio-Canada rapporte que le sociologue Guy Rocher est décédé le 3 septembre 2025 à l’âge de 101 ans. Figure centrale du Québec moderne, Rocher laisse derrière lui une œuvre intellectuelle et institutionnelle considérable qui a marqué la société québécoise depuis plus de soixante ans.

Artisan de la Révolution tranquille

Comme le rappelle Radio-Canada, Guy Rocher a été un acteur clé de la commission Parent dans les années 1960, dont les travaux ont mené à la création du ministère de l’Éducation (1964) et des cégeps (1967). Ces réformes ont profondément transformé l’accès à l’éducation et permis aux Canadiens français d’entrer pleinement dans l’ère de l’industrialisation et du progrès social.

Rocher a aussi participé à la fondation de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), défendant toute sa vie l’idée que l’éducation constitue la base du développement économique et culturel du Québec.

Défenseur des valeurs démocratiques et de la laïcité

Fidèle aux principes du rapport Parent, Guy Rocher n’a jamais cessé de défendre l’égalité et l’accessibilité scolaire. En 2012, il arborait le carré rouge en soutien aux étudiants en grève durant le printemps érable. En 2021, dans une entrevue citée par Radio-Canada, il réaffirmait que la laïcité scolaire signifiait avant tout le respect des convictions religieuses de chaque étudiant.

Il a appuyé la loi 21 sur la laïcité de l’État ainsi que le renforcement de la Charte de la langue française, estimant que le Québec devait constamment protéger sa culture et sa langue. Déjà, en 1977, il avait collaboré avec Camille Laurin à la rédaction de la loi 101.

Une carrière intellectuelle reconnue mondialement

Auteur d’un ouvrage marquant, Introduction à la sociologie générale, traduit en six langues, Guy Rocher a aussi enseigné pendant plus de 50 ans, notamment à l’Université de Montréal. Radio-Canada rappelle qu’il a étudié à Harvard, séjourné à Berkeley, et s’est toujours défini comme un « intellectuel engagé ».

Au cours de sa vie, il a reçu de nombreux honneurs, dont l’Ordre national du Québec et l’Ordre du Canada. La Fédération des cégeps a institué en son nom le prix Guy-Rocher, remis à des personnes contribuant au développement de l’éducation au Québec.

Héritage et mémoire

Radio-Canada souligne qu’au-delà de ses écrits et de ses engagements, Guy Rocher a façonné le Québec d’aujourd’hui en contribuant à bâtir ses institutions modernes. À travers l’éducation, la laïcité et la défense de la langue française, il a marqué plusieurs générations et demeure une référence incontournable de la pensée sociologique et politique québécoise.

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