Enfin!… Maintenant, les bouteilles d’eau?

Vers la fin des absurdités à la sécurité aéroportuaire? Le Canada emboîte le pas aux États-Unis et abandonnera bientôt l’obligation de retirer ses chaussures en préembarquement.

C’est une victoire pour les voyageurs fatigués de se contorsionner dans les files d’attente : fini les chaussures à enlever à chaque passage aux contrôles de sécurité. Enfin.

Comme l’a rapporté Dylan Robertson pour La Presse Canadienne, le Canada a annoncé le 9 juillet 2025 son intention d’«aligner ses exigences réglementaires» avec celles des États-Unis après que Washington ait mis fin à la politique de retrait obligatoire des chaussures dans les aéroports. La ministre canadienne des Transports n’a pas précisé de date d’entrée en vigueur, mais le ton du communiqué est clair : cette bizarrerie héritée du début des années 2000 tire à sa fin.

L’annonce fait suite à une décision majeure du Département de la Sécurité intérieure américain, rendue publique par sa secrétaire Kristi Noem lors d’une conférence de presse le 8 juillet. Comme le rapporte Zach Wichter pour USA TODAY, le changement est immédiat sur l’ensemble du territoire américain.

«TSA ne demandera plus aux voyageurs de retirer leurs chaussures lors du passage au point de contrôle», a déclaré Kristi Noem. «Nous avons avancé dans notre manière de détecter les menaces et d’assurer la sécurité.»

La fin d’un fétiche sécuritaire

La mesure du retrait des chaussures avait été imposée en 2006, à la suite de la tentative ratée de l’«homme à la chaussure» (shoe bomber), Richard Reid, qui avait tenté de faire exploser un vol Paris-Miami en décembre 2001. Malgré la marginalité de cet incident, la Transportation Security Administration (TSA) avait institué cette exigence à grande échelle, affectant des millions de passagers chaque année.

Depuis, cette politique est devenue l’un des symboles les plus contestés du «théâtre sécuritaire» post-11 septembre, aux côtés de l’interdiction des liquides de plus de 100 ml et du dépouillement électronique toujours plus intrusif.

Et au Canada?

Au Canada, les passagers des vols domestiques et de plusieurs vols internationaux n’étaient déjà plus obligés d’enlever leurs chaussures – sauf si un agent en décidait autrement. En revanche, les voyageurs à destination des États-Unis devaient toujours le faire lorsqu’ils passaient par les zones de précontrôle américaines présentes dans plusieurs aéroports canadiens (Montréal, Toronto, Vancouver, etc.).

Avec la nouvelle orientation américaine, Ottawa n’aura plus de justification technique pour maintenir cette règle. Transport Canada a confirmé qu’il travaillera avec la TSA pour s’assurer que les exigences des deux pays soient «harmonisées».

Et maintenant : les liquides?

L’annonce a été saluée par plusieurs associations de voyageurs et professionnels du transport aérien, qui y voient un premier pas vers une simplification plus large des procédures de sécurité. Car si les chaussures tombent, pourquoi pas les fameuses bouteilles d’eau?

Introduite en 2006, l’interdiction de transporter plus de 100 ml de liquide dans les bagages à main repose elle aussi sur une menace hypothétique qui n’a jamais été reproduite. Depuis, plusieurs experts remettent en question la validité de cette contrainte, surtout à l’ère des scanners modernes capables d’identifier les composants chimiques en quelques secondes.

En Europe, certains aéroports (notamment à Londres Heathrow ou Amsterdam Schiphol) ont déjà commencé à abandonner cette règle archaïque grâce à des équipements de détection avancée. Rien ne justifie que l’Amérique du Nord traîne encore les pieds.

Moins de théâtre, plus d’intelligence

«Tout ce que fait la TSA a toujours été nécessaire, mais les choses ont évolué», a dit Kristi Noem à la presse américaine. Cette déclaration sonne comme un aveu tardif : non, tout ce que la TSA imposait n’était pas nécessaire. Et surtout pas éternel.

Alors que le bon sens semble refaire surface dans les politiques de sécurité aérienne, l’heure est venue de faire le ménage. Supprimer les bottines était un premier pas ; il est temps de cesser aussi de confisquer des tubes de dentifrice ou des bouteilles d’eau à moitié pleines, comme si elles contenaient du napalm.

Un mot pour finir? Bravo. Mais on attend la suite. Parce que franchement, ce n’est pas avec des sandales et un gobelet qu’on prend le contrôle d’un Boeing.

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