Depuis la guerre éclair de 12 jours entre Israël et l’Iran, où les deux pays se sont infligés des coups symboliques et militaires, le régime de Téhéran paraît plus fragile que jamais. Loin d’avoir calmé la situation, les autorités iraniennes ont répondu à ce climat de crise par une hausse notable des exécutions et un durcissement des restrictions, notamment à l’égard des étrangers autorisés à séjourner dans le pays.
Une vague d’exécutions sans précédent
Selon les organisations iraniennes de défense des droits humains, plus de 200 personnes ont été exécutées entre juin et août 2025, soit après le début du conflit. Parmi elles, au moins six ont été accusées d’espionnage au profit d’Israël, dont certains étudiants liés de près ou de loin au programme nucléaire iranien.
Ces chiffres sont alarmants : nous ne sommes qu’à la moitié de l’année 2025 et déjà, le bilan dépasse le seuil des 975 exécutions enregistrées en 2024, une année elle-même marquée par un pic historique. Cette escalade illustre la nervosité d’un gouvernement qui, depuis les manifestations massives de 2022, lutte pour maintenir son autorité par la répression.
Le poids du mouvement « Femme, vie, liberté »
Né de la mort de Mahsa Amini en septembre 2022, le mouvement « Femme, vie, liberté » continue de hanter le régime, même si la contestation de rue a été étouffée par une répression sanglante menée par les Gardiens de la Révolution. Aujourd’hui, une partie de l’opposition se trouve en exil et s’efforce de médiatiser à l’étranger les violences et les exécutions massives, dénonçant la brutalité d’un régime aux abois.
Un affaiblissement qui ne garantit pas l’effondrement
Affaibli, le régime ne paraît toutefois pas menacé d’une chute imminente. La guerre contre Israël, malgré ses destructions, a réveillé un sentiment de patriotisme chez de nombreux Iraniens. Si une majorité de la jeunesse rejette le régime, cela ne signifie pas pour autant un soutien aux actions israéliennes.
En revanche, la nervosité du pouvoir se lit dans ses mesures récentes : depuis l’été 2025, l’Iran impose aux visiteurs européens les mêmes contraintes qu’aux Canadiens, Américains et Britanniques, déjà obligés de voyager avec un guide officiel pour visiter les principaux sites. Le pays ferme ainsi une porte supplémentaire au tourisme individuel, autrefois possible, quoique limité par la difficulté d’obtenir un visa. Plusieurs étrangers, parfois universitaires ou journalistes, sont aussi détenus sous des accusations d’espionnage ou de propagande, renforçant l’image d’un pays devenu très risqué pour les voyageurs.
Rien n’est écrit
Il est hasardeux de prédire la chute d’un régime. Cela fait des années que l’on annonce la fin imminente de nombreuses dictatures, sans que cela ne se réalise. À l’inverse, des régimes que l’on croyait figés dans le temps, comme celui de Bachar Al-Assad en Syrie, se sont effondrés en quelques jours, provoquant la stupeur du monde entier.
L’Iran conserve encore des atouts de taille : une machine répressive puissante, incarnée par les Gardiens de la Révolution, loyale à l’ayatollah et prête à maintenir l’ordre au prix d’un bain de sang. Rien n’est écrit. Le régime est sans doute plus fragile qu’il ne l’a été depuis longtemps, mais il demeure capable de se maintenir par la peur et la violence. Toute spéculation sur sa chute immédiate reste donc prématurée.


