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Jonathan Hamel : Je ne vois pas Trump faire pire qu’en 2016.

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Contrairement à 2016, les électeurs américains connaissent maintenant le risque d’une présidence Trump. Au-delà des tweets et des bourdes de protocole, la catastrophe annoncée ne s’est pas matérialisée. D’ailleurs, une majorité d’Américains se considèrent en meilleure position qu’il y a 4 ans.
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Contrairement à 2016, les électeurs américains connaissent maintenant le risque d’une présidence Trump. Au-delà des tweets et des bourdes de protocole, la catastrophe annoncée ne s’est pas matérialisée. D’ailleurs, une majorité d’Américains se considèrent en meilleure position qu’il y a 4 ans.

Le risque c’est plutôt une présidence Biden : premièrement, il semble clairement en perte de facultés. La différence avec le Joe Biden des années Obama est frappante. Bien que tournée au ridicule par Trump et son équipe, c’est une question que les Américains prennent au sérieux. Est-ce qu’ils sont prêts à donner les clés de la Maison-Blanche à Kamala Harris associée à la frange plus radicale du parti démocrate ?

Deuxièmement, les démocrates ont cru (à tort) que de tout miser sur l’échec de la gestion de la crise Covid par Trump serait la clé de l’élection. Bien que ça semblait probablement un choix évident au pic de la crise, le contraire est perceptible aujourd’hui : les rassemblements bondés de Trump semblent avoir un effet catalyseur sur la campagne dans les états cruciaux alors que les rassemblements anémiques de Biden sont ridiculisés partout sur Internet. Cela dit, la deuxième vague de confinements tombe à point pour Trump : malgré le fait que les démocrates continuent de « spinner » que c’est une confirmation de leurs craintes (« a very dark winter coming » disait Biden…), pour l’américain moyen c’est au contraire une démonstration que Trump n’a rien à voir (ou presque) avec la propagation du virus…

Troisièmement, Trump a réussi à faire passer le message que l’élection de Biden mènerait à une annulation des baissent d’impôt des dernières années. C’est un facteur important considérant, comme je disais en introduction, qu’une majorité d’Américains se considèrent en meilleure position financière qu’il y a 4 ans. La hausse de l’impôt des corporations provoquerait possiblement une correction boursière importante (et un impact perceptible sur « main street ») combinée à une panique dans les secteurs industriels prépondérants dans les états cruciaux (ex. : pétrole et gaz en Pennsylvanie). Des millions d’emplois dépendent de ces secteurs nonobstant ce qu’en pensent les intellectuels pourtant idiots.

Le constat est assez clair : il n’y a rien qui laisse présager des meilleurs lendemains pour l’américain moyen sous une présidence Biden. Je crois que la base électorale de Trump accorde peu d’importance à son manque de civisme et qu’assez de gens qui n’ont pas voté en 2016 (ou qui ont voté démocrate ou libertarien) vont faire le constat que malgré ces dérapages, le résultat du premier mandat de Trump est loin d’être la catastrophe annoncée.

D’un point de vue de calcul électoral, je suis assez surpris de voir que personne ne parle de la 3e voix de 2016 : Gary Johnson. Le candidat libertarien (qui était aussi Gouverneur) avait ramassé entre 1 % et 5 % dans certains états. La candidate de cette année Jo Jorgensen s’est ridiculisée à quelques reprises dans les derniers mois, je ne crois pas qu’elle atteindra le score de Johnson pour cette frange de l’électorat. Cela dit, je crois qu’une majorité des conservateurs ou libéraux à tendance plus libertarienne vont voter pour Trump pour une raison évidente : Trump est de loin le président le moins interventionniste sur la scène géopolitique et militaire depuis plusieurs années. Je pense notamment au retrait d’Afghanistan, au fait de ne pas tomber dans le piège du conflit en Syrie et finalement du rapprochement entre Israël et les États arabes : le Moyen-Orient est plus stable qu’il y a 4 ans : un dénouement géopolitique impressionnant que personne n’entrevoyait. (PS Remarquez comment la situation a évolué sans même parler de la question palestinienne ?)

Des libertariens, je passe aux libéraux (les vrais). Un aspect fascinant de cette élection est de voir une quantité non négligeable de libéraux bouder les démocrates pour plusieurs raisons notamment la dérive constante de ses élus vers la culture « Woke ». Pour une partie de la gauche, la liberté d’expression est une valeur fondamentale. Sur ce point, il est évident de voir le « backlash » du délire Woke sur les campus américains qui s’entendent maintenant au discours des élus démocrates (ex. : AOC). Trump a dénoncé à plusieurs reprises les dérapages de censure dans le milieu académique et médiatique et il a raison.

Autre point, il est absolument fascinant de voir les démocrates faire la paix avec leurs ennemis jurés d’antan soit les néoconservateurs de l’ère Bush, tous unis dans leur délire collectif anti-Trump (Trump Derangement Syndrome). C’est d’ailleurs un point qui a été soulevé par le journaliste vedette Glen Greenwald dans son papier censuré par le journal The Intercept qu’il avait lui-même co-fondé. Il y a une vague de mécontentement profonde chez les libéraux modérés et je crois que ça se traduit par une baisse d’appui chez les démocrates et potentiellement une hausse chez les républicains.

Pour les conservateurs, Trump a été l’un des meilleurs présidents de l’ère moderne : il a renforcé la Constitution américaine avec la nomination de 3 juges à la Cour Suprême tout en conservant habilement sa base plus religieuse (fascinant puisqu’il est lui-même loin d’être le croyant modèle en plus d’être assez libéral sur les questions sociales).

Je crois que Trump va faire un score historique pour les républicains dans le vote afro-américain et hispanique. Sa réforme de la justice criminelle apporte des résultats concrets pour cette communauté particulièrement affectée par la justice pénale : des milliers d’Américains ont été relâchés de prison. Il a d’ailleurs habilement rappelé que Biden avait historiquement été assez dur envers cette communauté d’un point de vue législatif. Une baisse ne serait-ce que marginale du vote de ces communautés serait catastrophique pour les démocrates.

Donc pour mes prédictions, je crois que Trump gagnera en conservant l’ensemble de ses gains de 2016 en plus de remporter le New Hampshire, un électeur supplémentaire au Maine (l’état possiblement ?) le Minnesota et le Nevada. L’élection ne sera pas serrée et par conséquent, il n’y aura aucune contestation réalistement possible pour les démocrates.

Les marchés vont réagir favorablement principalement parce que le risque d’une élection serrée était « priced in » et aussi grâce à la disparition du risque fiscal que représentait l’élection de Joe Biden. Je suis assez « Bearish » sur le secteur techno principalement parce qu’ils ont déjà fait abondamment de gains, mais aussi parce que se dessine une contre-attaque de Trump par rapport à l’article 230 qui favorise actuellement les entreprises comme Google et Facebook. Je suis « Bullish » sur le secteur industriel, particulièrement Oil & Gas qui devrait décoller avec une réélection de Trump (élimination du risque réglementaire, possible hausse du prix du pétrole avec la reprise économique). Les Banques américaines devraient bien faire aussi. L’or et Bitcoin devraient se maintenir ou s’apprécier dans l’année nonobstant qui gagne l’élection puisque l’épée de Damoclès de la dévaluation monétaire (et de l’inflation) continue de pendre au-dessus de la tête des épargnants en raison d’une intervention historique des banques centrales dans l’économie.

Les sondages ont tort, les médias ont tort, les marchés ont tort. Ce sera de loin l’élection la plus spectaculaire qu’on verra de notre vivant.

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