Montréal face à de nouvelles perturbations du transport collectif : l’impasse entre le syndicat de la STM et l’employeur s’enlise

Alors que les conflits de travail se multiplient au Québec et frappent de plus en plus souvent des secteurs jugés essentiels, les Montréalais pourraient connaître de nouvelles secousses dans leurs déplacements quotidiens. Hénia Ould-Hammou rapporte pour CBC News que l’impasse entre le syndicat des travailleurs d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM) et la direction pourrait mener à d’autres grèves dans les prochains jours.

Un bras de fer syndical qui s’intensifie

Selon les propos recueillis par CBC News, Bruno Jeannotte, président du Syndicat du transport de Montréal–CSN, a déclaré lundi que « d’autres grèves sont à prévoir dans le contexte actuel ». Les travailleurs d’entretien de la STM en sont à leur deuxième arrêt de travail cette année, après une première grève tenue en juin. Le conflit en cours a débuté le lundi précédent et doit théoriquement se poursuivre jusqu’au 5 octobre, avec des perturbations trois jours par semaine.

La STM maintient pour l’instant un service réduit mais assure les besoins essentiels aux heures de pointe. Toutefois, Jeannotte accuse l’employeur de ne pas prendre les négociations au sérieux et de ralentir volontairement le processus.

Des négociations au point mort

Toujours selon le reportage de CBC News, le syndicat a soumis durant la fin de semaine une proposition jugée « juste, raisonnable et avantageuse pour l’employeur », notamment en matière de flexibilité de la main-d’œuvre. Mais Jeannotte affirme que la direction a dépêché trois négociateurs « fermés » et « peu familiers avec les réalités du terrain ». Ni les responsables des opérations, ni la direction des ressources humaines, ni même la présidence de la STM n’étaient présents à la table de discussion, déplore-t-il.

La STM a pour sa part répondu par écrit à CBC News, expliquant que la proposition syndicale comportait des « concessions énormes » qui auraient un impact financier majeur. L’agence rappelle que ses négociateurs « sont pleinement équipés et mandatés » pour mener les discussions. Elle se dit toujours « fermement engagée » à trouver un accord, tout en soulignant que son objectif reste d’atteindre une entente « rapidement, mais pas à n’importe quel prix ».

Les enjeux de fond : horaires et sous-traitance

Comme le rapporte Hénia Ould-Hammou, les points névralgiques du litige concernent les horaires de travail et la dépendance croissante de la STM à la sous-traitance. Pour le syndicat, ces pratiques menacent directement la stabilité et la qualité des emplois à long terme. La STM, de son côté, invoque une situation financière « sans précédent » et la nécessité de moderniser ses opérations afin de réduire les coûts, ce qui passerait inévitablement par une plus grande flexibilité des conditions de travail.

Dans ce climat d’impasse, la possibilité de nouvelles grèves plane au-dessus de Montréal. Les négociations devaient reprendre lundi, mais la méfiance réciproque semble s’installer durablement.

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