Lorne Gunter, dans une chronique publiée le 23 août 2025 dans le National Post, s’attaque au coût croissant de la fonction publique fédérale et propose d’y voir une cible prioritaire pour réduire les dépenses. Gunter rappelle, à partir de données fouillées par la Fédération canadienne des contribuables (CTF), qu’en 2024 près de 147 000 fonctionnaires fédéraux ont touché plus de 100 000 $ par année — soit environ 40 % des 373 000 employés de l’appareil fédéral. À titre de comparaison, le revenu moyen des Canadiens se situe à environ 68 000 $.
Selon Gunter, ce bond spectaculaire s’explique beaucoup plus par des augmentations salariales supérieures au secteur privé, des primes et des avantages généreux que par l’inflation. Il précise que sous les dix ans de gouvernement Trudeau, le nombre de fonctionnaires fédéraux au salaire à six chiffres a plus que triplé, tandis que la taille globale de la fonction publique a crû de 40 % et que sa masse salariale a bondi de 70 %.
Le chroniqueur cite aussi le Bureau du directeur parlementaire du budget (BDP), qui estime que les primes, cotisations aux pensions et autres avantages gonflent de 25 % le coût réel d’un salaire fédéral — contre environ 17 % dans le privé. Résultat : les fonctionnaires se sont transformés en « classe économique privilégiée », jouissant de salaires plus élevés, d’horaires allégés, de vacances plus longues, de retraites plus hâtives et de pensions bonifiées.
Or, ajoute Gunter, cette expansion n’a pas entraîné une amélioration des services. Immigration, logement, santé, criminalité, sans-abrisme et même environnement : les résultats demeurent préoccupants malgré l’énorme croissance de la machine fédérale. Dans son analyse, Gunter rappelle que le premier ministre Mark Carney a exigé une réduction de 15 % des dépenses de fonctionnement de l’État au cours des trois prochaines années. Pour lui, le point de départ évident est la fonction publique elle-même.



