C’est finalement décidé : l’élection partielle dans Arthabaska aura lieu le 11 août prochain. En plein cœur de l’été, quand les gens n’ont pas vraiment la tête à s’intéresser à la politique. C’est lors d’un conseil extraordinaire des ministres que la décision aura été prise par François Legault. Faut-il y voir une maladresse ou un cynisme profond, une mauvaise foi face à la population ?
François Legault est actuellement le premier ministre le plus impopulaire au Canada. Après avoir eu sa lune de miel avec les électeurs québécois, celui-ci est tombé de son nuage pour descendre toujours plus creux dans les sondages. Si des élections avaient lieu demain matin, la CAQ pourrait très bien se retrouver sans aucun siège.
Ainsi, nous retournerions au traditionnel parlementarisme bipartisan. D’un côté, le Parti Québécois, ayant fait de nombreuses professions de foi en faveur de l’indépendance et galvanisé par une partie de la jeunesse ; de l’autre, les libéraux, de retour en affaires, avec un chef qui pourrait se révéler étonnamment coriace et batailleur.
Québec solidaire et le Parti conservateur garderont quelques sièges, car ils représentent des segments de l’électorat qui ne se reconnaissent pas dans le jeu bipartisan du parlementarisme québécois. Les caquistes savent que les carottes sont cuites. Et ils ne veulent surtout pas donner une autre victoire au Parti Québécois, et encore moins aux conservateurs, qui feraient leur entrée triomphale à l’Assemblée nationale avec Éric Duhaime.
Le cynisme de François Legault, en déclenchant ces élections quatre mois après les dépôts de candidatures péquistes et conservatrices, montre un certain mépris de l’intérêt commun. Cela veut aussi dire que le député ne sera en fonction qu’un peu plus d’un an, car des élections générales auront lieu en octobre 2026.
Un mépris pour les gens d’Arthabaska, qui doivent affronter une hausse du coût de la vie comme partout ailleurs, en plus de devoir faire face aux problèmes propres aux régions semi-urbaines et rurales : le manque de relève dans l’agriculture, le coût de l’énergie, le logement, le maintien des jeunes diplômés dans la région.
François Legault ne doit pas pouvoir s’en tirer à si bon compte. Les électeurs d’Arthabaska doivent donner une bonne leçon à un premier ministre qui, depuis sa chute dans les sondages, se révèle d’une grande arrogance. Les gens de la région de Victoriaville méritent mieux qu’un vendeur de rêve, qui s’en ira bientôt rejoindre le panthéon des hommes politiques ayant trahi l’espoir des citoyens.



