Même le conseil municipal de New York, pourtant l’un des plus progressistes des États-Unis, semble pris dans le piège de son propre jargon de genre. C’est le constat ironique du New York Post, dont le comité éditorial souligne l’absurdité d’un langage politique qui bannit désormais le mot « femme » au profit de formules neutres comme « personne enceinte » ou « personne en période post-partum ». Un pur exemple, selon le journal, de la confusion idéologique engendrée par le militantisme wokiste lorsqu’il s’applique à la biologie la plus élémentaire.
En présentant une série de projets de loi sur la santé reproductive, la grossesse et l’allaitement, les élues new-yorkaises se sont donné pour mission d’éviter soigneusement le terme jugé trop exclusif. Ainsi, la conseillère municipale Farah Louis a déclaré : « Je reste déterminée à m’assurer que chaque personne qui accouche, quel que soit son revenu ou son code postal, ait accès à des soins de qualité avant, pendant et après la grossesse. » Pas un mot sur les femmes. La rédaction du Post s’en amuse : « Attention, ne prononcez pas le mot en “W” ! »
Même la présidente du conseil, Adrienne Adams, a repris la formule dans une résolution réclamant à l’État de New York que Medicaid couvre automatiquement les tensiomètres pour « les personnes enceintes et post-partum ». Cette façon de parler, remarque l’éditorial, pousse l’idéologie jusqu’au déni du réel. Car, rappelle le New York Post, seules les femmes possèdent un utérus, portent les enfants, accouchent et allaitent.
Le conseil municipal lui-même finit par trébucher sur sa propre novlangue. Dans les documents officiels, on trouve encore les expressions « santé maternelle » ou « mortalité maternelle », parce qu’aucun équivalent neutre ne parvient à rendre le sens de ces réalités. Ce mélange d’incohérence et de rigidité linguistique, selon le journal, illustre la fatigue d’une époque où la peur d’offenser prime sur la clarté et la vérité biologique.
L’éditorial conclut en notant que les élus devraient se concentrer sur l’accès concret aux soins, plutôt que sur le lexique censé flatter les dogmes identitaires. Car si le but de la politique est de servir la population, encore faut-il savoir de qui on parle.



