Paul St-Pierre Plamondon, l’actuel chef du Parti Québécois, a lancé une déclaration choc qui secoue le petit milieu de la bien-pensance au Québec. Il a osé faire le lien entre une criminalité d’un type nouveau – celle des jeunes recrutés pour des missions d’assassinats – et l’immigration de plus en plus importante. Si ce lien peut sembler évident pour certains, il reste risqué dans un univers médiatique abonné au conformisme idéologique. Une prise de position courageuse, salutaire, mais risquée.
Ce n’est pas seulement PSPP qui le dit, mais également l’Association de la sépulture musulmane du Québec, qui a dû enterrer beaucoup trop de jeunes originaires du Maghreb au cours des dernières années. Ce qui est nouveau avec la criminalité actuelle, c’est que les gangs recrutent des adolescents de plus en plus jeunes pour faire le sale boulot. Ils se disent que le système de justice est très tolérant à l’égard des mineurs, et qu’ils courent moins de risques que des adultes déjà condamnés.
C’est aussi le fait qu’ils voient ces jeunes comme « disposables », jetables même. Les adolescents ont toujours voulu gagner leur propre argent, et des gangs mal intentionnés savent qu’il y a là des recrues potentielles, faciles à appâter avec la promesse d’un gain rapide. Là où c’est risqué pour Paul St-Pierre Plamondon, c’est que nous vivons dans un univers politico-médiatique où dire la vérité choque encore beaucoup de gens.
Déjà, les militants du clavier se liguent contre le chef du Parti Québécois, en affirmant que le problème, ce n’est pas l’immigration, mais le racisme systémique et l’exclusion. D’accord. Mais pourquoi, dans ce cas, les Hells Angels et les Rock Machines ne recrutaient-ils pas d’adolescents durant la guerre des motards ? La mort d’un enfant à l’époque, tué par erreur à la suite de l’explosion d’une bombe posée par un motard, a semé l’émoi dans tout le Québec et forcé la police à sévir contre des criminels qui faisaient désormais des victimes parmi la population.
L’immigration de l’époque, venue d’Europe de l’Est, d’Asie – Chine, Vietnam, Laos – mais aussi déjà d’Amérique latine et du Maghreb, ne posait pas de problèmes. Les parents travaillaient dur pour s’en sortir, et les enfants ont tout de même pu bénéficier des fruits de la social-démocratie québécoise. Alors, pourquoi soudainement, le racisme expliquerait-il à lui seul cette violence de plus en plus chaotique ?
Le racisme a toujours existé d’une façon ou d’une autre. Il faut même dire qu’en 2025, il n’a jamais été autant combattu qu’auparavant. Donc, simplement rejeter la faute sur la société d’accueil, c’est malhonnête. Nous pourrions faire le parallèle entre la montée du crime organisé chez les adolescents et de nombreux phénomènes sociaux : la culture du gangsta rap, les réseaux sociaux, mais aussi une immigration moins sélective.
L’idée n’est pas de dire que l’ensemble de l’immigration pose problème, mais d’être honnête : ce phénomène social que l’on dit inévitable amène son lot de défis. Et il faut pouvoir en parler sans se faire lancer des épithètes à chaque occasion. On dira un jour de PSPP qu’il n’a eu qu’un tort : celui d’avoir eu raison avant les autres.



