Une scène filmée le 6 août dernier sur la rue de Callières, dans le quartier Saint-Sacrement à Québec, suscite depuis plusieurs jours un vif débat sur les réseaux sociaux. On y voit un travailleur d’A1 Lignes Jaunes, entreprise spécialisée dans le marquage routier, immobiliser son camion au milieu de la rue avec ses gyrophares allumés, puis se diriger vers le terrain d’un bâtiment voisin pour effectuer une prière islamique.
Une confusion initiale sur l’identité de l’employeur
L’incident a d’abord été rapporté par la page Facebook « Spotted Service de marde », qui affirmait qu’il s’agissait d’un employé municipal. Cette affirmation s’est rapidement propagée, alimentant un flot de commentaires indignés et parfois sceptiques sur la localisation réelle de la scène. Plusieurs internautes ont mis en doute que la vidéo ait été tournée à Québec.
Après vérification, Québec Nouvelles confirme toutefois que les images ont bel et bien été captées au 1380, rue de Callières, devant un édifice identifiable par son architecture singulière. L’homme en question ne travaille pas pour la Ville de Québec, mais pour A1 Lignes Jaunes, sous-traitant en signalisation et marquage routier.

Des images partagées par plusieurs sources
Une capture d’écran a d’abord circulé sur Facebook avant que la vidéo originale ne soit reprise par l’ex-policier et créateur de contenu Maxime Ouimet, connu pour ses prises de position contre les mesures sanitaires pendant la pandémie. Celui-ci affirme avoir reçu l’extrait en privé sur TikTok. Les images montrent le camion de l’entreprise immobilisé, bloquant complètement la circulation. On aperçoit même des automobilistes contraints de faire demi-tour. Pendant ce temps, l’homme se place à l’écart, sur la pelouse publique, pour prier.
@maximeouimet #greenscreenvideo Wow ce Musulman au Québec entrave la Circulation avec son camion de signalisation pour Prier 😨
♬ son original – Policier du Peuple
Entre liberté religieuse et perturbation de la voie publique
S’il ne s’agit pas d’une « prière de rue » collective, phénomène qui a fait les manchettes à Montréal ces derniers mois dans le sillage des manifestations pro-palestiniennes, l’action de l’employé s’apparente néanmoins à une occupation illégitime de la chaussée. Reste à savoir si ce geste était délibérément provocateur ou simplement le résultat d’une méconnaissance des règles de civisme et des usages locaux.
Dans les images, aucun aménagement particulier ne semble justifier l’arrêt au milieu de la voie. Les prières de rue, bien que non interdites lorsqu’elles ne perturbent pas la circulation, deviennent problématiques lorsqu’elles empiètent sur l’espace public de manière à gêner les usagers.
Un phénomène jusqu’ici rare à Québec
La Capitale-Nationale avait jusqu’ici été relativement épargnée par ce type d’incidents, contrairement à Montréal où la multiplication des prières sur la voie publique a suscité plusieurs controverses et débats sur l’application des règlements municipaux. Toutefois, la croissance démographique et les flux migratoires récents commencent à amener ce genre de situations dans d’autres villes, posant la question de l’adaptation des règlements et de leur application.
Réaction de l’entreprise
Québec Nouvelles a tenté de joindre la direction d’A1 Lignes Jaunes afin d’obtenir leur version des faits et de savoir si l’employé concerné a agi de sa propre initiative ou dans un contexte particulier. L’entreprise n’avait pas répondu à nos appels au moment de publier cet article.



