Les 8 et 9 novembre prochain aura lieu le congrès extraordinaire de Québec solidaire, à Québec, afin d’élire le nouveau co-porte-parole du parti, en vue d’une bataille qui s’annonce dure et périlleuse pour une formation qui fêtera son vingtième anniversaire en 2026. Or, que reste-t-il du parti des « intellectuels », de celui dont Ruba Ghazal disait qu’il fallait « simplifier » le programme pour l’expliquer à une population sceptique ? Plus grand-chose.
Depuis quelque temps, la co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal, multiplie les interventions étranges sur Facebook. Elle a notamment publié une allocution solennelle où elle affirmait que l’heure était grave, que la gauche faisait face à une véritable chasse aux sorcières, alors qu’elle n’aurait, selon ses mots, « jamais gouverné ». La vidéo est devenue virale, non pas pour son contenu, mais pour son ton autoritaire, digne d’un régime qui sermonne sa population.
Puis est venue la séquence « humour politique » de l’aile parlementaire : Ruba Ghazal déguisée en pilulier et en stérilet pour réclamer la gratuité des contraceptifs féminins. Les commentaires étaient, évidemment, désactivés.
Aujourd’hui, une nouvelle vidéo est diffusée. Elle se veut une attaque contre le Parti Québécois et la CAQ : la députée de Mercier y manipule des blocs Lego pour expliquer son projet d’assemblée constituante. Encore une fois : commentaires désactivés. On se demande pourquoi.
Et c’est cela, le parti qui prétend représenter le « peuple » ? Un parti qui ferme les espaces de discussion, tout en expliquant que la population ne comprend pas le programme ? Faudrait-il désormais recourir à des jouets pour « vulgariser » la politique québécoise ?
Ces absurdités s’accumulent. Les élections approchent. Rien n’indique que Québec solidaire survivra au naufrage annoncé de la gauche radicale en octobre 2026. Sherbrooke, jadis bastion solidaire, est en péril. Le Parti Québécois y prend de l’avance, tandis que les libéraux sont toujours présents. Un véritable renversement dans une ville universitaire où la gauche radicale régnait en terrain conquis.
Mais être étudiant en 2012 n’a rien à voir avec être étudiant en 2025. À l’époque, le logement n’était pas un problème existentiel, même si la hausse des frais de scolarité était centrale. En 2025, on promet des utopies de HLM à construire, alors que les jeunes constatent que certaines positions de QS – notamment l’immigration de masse – aggravent directement la crise du logement.
QS continue pourtant de se présenter comme le parti des « intellectuels » : ceux qui sauraient mieux que le peuple comment gérer la société, parce qu’ils ont lu des livres, produit des rapports, animé des panels. C’est prendre les gens pour des enfants. C’est pathétique. Et maintenant, il faut des Lego pour leur expliquer la démocratie.



