Voici pourquoi le PQ a plus à gagner avec la droite de Québec qu’avec QS en voie d’extinction

On associe plus naturellement Québec solidaire au Parti Québécois. Ils sont en quelque sorte des frères ennemis. Par le passé, certains rapprochements ont eu lieu, avant d’être tout bonnement torpillés par QS. Dans un contexte où ce parti décline et ne représente plus grand-chose sur le plan électoral, ne faisant parler de lui que pour de mauvaises raisons, faut-il pour les troupes de PSPP changer de stratégie ? Et, à la place, courtiser un électorat qui s’est historiquement senti snobé par le PQ : ce qu’on appelle la « droite de Québec » ?

La droite de Québec et le PQ, c’est un peu comme si on mettait du potassium dans l’eau : ça crée des flammèches. Mais depuis peu, il semble y avoir des rapprochements entre ces deux camps politiques, qui ne se parlaient presque pas par le passé. Par exemple, à Radio X, Jean-Francis Blais invite régulièrement, à son émission Le Spacecast, des figures associées au nationalisme québécois : Léo Dupire de Québec Fier, Alexandre Cormier-Denis et Philippe Plamondon de Nomos-TV, ainsi que l’historien traditionaliste Jean-Claude Dupuis.

De plus, sur X se joue une pièce de théâtre des plus intéressantes entre Mathieu Bock-Côté et Jeff Fillion. Fillion semble de plus en plus dissocier le référendum d’un éventuel gouvernement péquiste : selon lui, il faut voter non pas comme si le référendum était un plébiscite sur les politiques péquistes — qu’on peut approuver ou non —, mais comme un vote indépendant de la politique d’un éventuel gouvernement dirigé par Paul St-Pierre Plamondon.

Celui-ci dit qu’il aimerait se faire « cruiser » par les partis politiques. Et il a raison. C’est au minimum 15 % de la population québécoise qui pense un peu comme la droite de Québec, laquelle n’est pas exclusive à la Beauce et à la capitale nationale. Tandis que QS oscille entre 6 % et 8 %, il faut se demander ce que ce parti représente encore en 2025.

Le PQ est déjà allé chercher l’essentiel du vote indépendantiste à QS. Considérant que le parti de gauche a un électorat majoritairement fédéraliste, et qu’il passe son temps à démoniser le PQ et son référendum qui « exclut », la question se pose : où aller chercher des votes ?

Un investisseur dirait que les conservateurs québécois sont un marché émergent qu’il faut courtiser. Le PQ doit en tenir compte. Non pas pour adopter un programme libertarien, mais pour dire : « Oui, nous comprenons vos préoccupations quant à l’ingérence de l’État dans votre vie quotidienne, le poids de la bureaucratie et les problèmes que rencontrent les entrepreneurs. »

Il faudra de l’écoute et un dialogue de bonne foi des deux côtés. Mais le marché d’électeurs potentiels ne se retrouve plus à Québec solidaire : il se trouve dans cette droite de Québec, largement incomprise ailleurs. La croissance de la gauche est terminée depuis des années, et il faut en prendre acte.

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