Lors d’un récent direct sur Twitch, le streamer québécois xQc (@Félix Lengyel) a longuement pris la défense du Québec après avoir réagi à une série de contenus viraux circulant sur TikTok. Le premier extrait qu’il regarde tourne en dérision les lois linguistiques québécoises, en présentant celles-ci comme une forme d’hostilité gratuite envers l’anglais.
Dans un premier temps, xQc répond de façon directe et factuelle. Il rappelle que ce qui est moqué dans la vidéo relève tout simplement du droit québécois :
«The law protects this. You’re not entitled to be given a response in English. It is what it is.» (« La loi protège ça. Tu n’as pas droit à une réponse en anglais. C’est comme ça.»)
Selon lui, la caricature donne l’impression d’un abus individuel, alors qu’il s’agit d’un cadre légal visant à assurer la place du français comme langue commune. À ce moment-là, son propos reste centré sur la loi et sa raison d’être.
La discussion change toutefois de ton lorsque le chat commence à le provoquer et à le contredire. Plusieurs messages insinuent que les Québécois agiraient comme des « touristes » intolérants ou exagérément susceptibles. C’est là que xQc s’emporte et élargit son propos au terrain historique : «Yo, we’re not tourists here. We were there BEFORE YOU. Day one.» (« Yo, on n’est pas des touristes ici. On était là AVANT VOUS. Dès le premier jour. »)
Il explique ensuite que le Québec est resté fidèle à lui-même et a refusé de se soumettre à la «bullshit colonisatrice» : «You were assimilated to speak English. We were not. We stood on business ; we said f*ck that. We said : Yo! We don’t speak your sh*t, pu**y. And we just said : «We’re not gonna get melted, molted into your colonialist bullshitter»
(«Vous, vous avez été assimilés à l’anglais. Pas nous. On a tenu notre bout. On a dit : yo! On ne parle pas votre merde, couillons! On a juste dit «on se fera pas fondre, muer dans votre bullshit colonisatrice!»
Peu après, xQc réagit à un autre mème, cette fois au sujet des panneaux STOP au Québec, souvent présentés en ligne comme une lubie linguistique absurde. Il explique que ce débat est mal posé et que la signalisation s’inscrit elle aussi dans un cadre normatif précis, différent de ce qui se fait ailleurs en Amérique du Nord.
La conversation dérive ensuite vers un autre angle, amené par son chat : la comparaison avec l’Alberta. Là encore, xQc répond sans détour :
«Nobody even knew Alberta was a thing until oil sands.» («Personne ne savait que l’Alberta existait avant les sables bitumineux.»)
Il ajoute que, selon lui, la prospérité albertaine repose presque exclusivement sur le pétrole, un constat qu’il utilise pour rejeter les tentatives de dénigrement du Québec venant d’ailleurs au Canada.
C’est dans la dernière partie de la séquence que xQc formule son argument central. Réagissant à des commentaires minimisant l’apport du Québec, il soutient que la province produit une quantité exceptionnelle de talents par habitant : «The amount of greatness per capita that Quebec has is higher than almost anywhere.» (« La quantité de grandeur par habitant au Québec est plus élevée que presque partout ailleurs. »)
Pour appuyer son propos, il énumère spontanément plusieurs figures québécoises connues à l’international : le cinéaste Denis Villeneuve, le combattant Georges St-Pierre, la chanteuse Céline Dion et le pilote de Formule 1 Jacques Villeneuve. Il conclut ensuite en se citant lui-même, se présentant comme un autre exemple de ce qu’il décrit comme une capacité québécoise à produire des « gems ».
La séquence se termine sur la phrase qui a rapidement circulé en ligne :«It’s like we were born for greatness. Look at me!» («C’est comme si on était faits pour la grandeur. Regardez-moi!»)
Sans discours préparé ni volonté apparente de livrer un manifeste, xQc a ainsi réagi, en temps réel, à des moqueries virales en déroulant une défense successive : d’abord juridique, puis historique, ensuite économique, avant de conclure sur un plaidoyer culturel fondé sur le talent et la reconnaissance internationale. Une intervention brute, largement partagée, qui a trouvé écho bien au-delà de son public québécois habituel.



