2026 sera une année capitale dans l’histoire du Québec

Si 2025 a durablement marqué le déclin de la CAQ de François Legault, le recul de Québec solidaire, les scandales chez les libéraux et, surtout, la montée de Paul St-Pierre Plamondon dans les intentions de vote, c’est en 2026 que se décidera le sort d’une nouvelle génération de politiciens et que se jouera durablement l’avenir du Québec pour les prochaines années.

Celui qui est attendu par beaucoup comme favori au poste de premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, multiplie les victoires lors des élections partielles. Mais le véritable test pour tous les partis sera celui des élections d’octobre 2026. PSPP, comme il est surnommé, réussira-t-il son pari de sauver le Parti québécois de la mort annoncée par les commentateurs politiques ? Ou celui-ci s’enlisera-t-il durant la campagne électorale, donnant l’effet d’un ballon dégonflé ?

Difficile à dire pour le moment. Car s’il demeure au sommet dans les sondages, des nuages commencent à poindre à l’horizon. Pensons notamment à la difficulté qu’il a eue à faire passer son message concernant les artistes subventionnés par le fédéral et le manque de loyauté qu’il leur reprochait. Cela lui a fait perdre des points, même s’il est peu probable que cela l’empêche d’obtenir un très bon résultat aux prochaines élections.

2026 sera aussi l’année des choix pour les libéraux. Souhaitent-ils continuer sur cette pente glissante de pots-de-vin, de « brownies » et de copinage avec le milieu des affaires, et ainsi poursuivre l’aliénation du vote francophone des régions ? Aucun autre parti que les libéraux ne dispose d’une vingtaine de sièges presque garantis, quoi qu’il arrive, en raison du vote anglophone et immigrant dans la région de Montréal. Leur défi sera de faire oublier les mésaventures de Pablo Rodriguez et de redorer la marque libérale après l’ère Charest-Couillard : une gageure. Ils devront aussi élire un nouveau chef, prêt à mener ses troupes au combat. Pour le moment, le favori semble être Charles Milliard. Une possible menace à l’élection de Paul St-Pierre Plamondon ? Qui sait.

Éric Duhaime fera fort probablement son entrée à l’Assemblée nationale, en raison du fort soutien qu’il continue d’obtenir dans la grande région de Québec. S’il est une personnalité qui divise, il demeure néanmoins très apprécié par une proportion significative de la population. Le Parti conservateur du Québec peut aussi compter sur des militants très motivés. Il devra toutefois réussir à parler aux autres régions s’il souhaite avoir une réelle influence sur le prochain gouvernement, et tenter d’attirer une partie du vote nationaliste plutôt que de se concentrer sur les électeurs anglo-immigrants du West Island, qui continueront de toute façon à voter libéral par crainte d’un référendum.

2026 sera également l’année où François Legault sera jugé pour ses deux mandats comme premier ministre. S’il a bénéficié de la pandémie pour obtenir un second mandat auprès d’une population vieillissante, il devra néanmoins défendre son bilan devant des électeurs de plus en plus exigeants — et avec raison. Les scandales se sont multipliés durant son second mandat : Northvolt, Lion Électrique, SAAQclic. Il est peu probable qu’à son âge il puisse briguer un troisième mandat. De plus, les électeurs souhaiteront-ils réellement lui accorder une troisième chance ? Les dés semblent déjà jetés.

Et Québec solidaire, que dire ? Le parti dirigé par le duo Sol Zanetti–Ruba Ghazal devra tenter de sauver les meubles face à un naufrage annoncé. Il a raté sa transition vers une gauche plus modérée, capable de diriger un gouvernement. Au contraire, les militants se sont radicalisés, et plusieurs députés modérés ont choisi de quitter la vie politique à la fin de leur mandat. On se souvient de Gabriel Nadeau-Dubois, qui souhaitait bâtir une « gauche de gouvernement », pour finalement démissionner devant une base militante particulièrement rigide. Il est fort probable que QS soit défait dans la majorité des circonscriptions du Québec, à l’exception de quelques bastions du Plateau-Mont-Royal.

Finalement, 2026 pourrait être l’année où se décidera l’organisation d’un troisième référendum sur l’indépendance du Québec. Le contexte est inédit : pour la première fois, le premier ministre du Canada n’est pas d’origine québécoise. C’est même un euphémisme de dire que Mark Carney se montre maladroit et peu au fait de la culture québécoise. De plus, la contestation de l’ordre constitutionnel n’est plus l’apanage du Québec. L’Alberta organisera son propre référendum, et il sera intéressant d’observer les réactions des indépendantistes québécois face à ce mouvement venu de l’Ouest.

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