Capture du président Maduro : une victoire politique majeure pour Donald Trump ?

On s’attendait, dans les semaines à venir, à des attaques américaines contre le Venezuela. Une bonne partie de la flotte des États-Unis se trouvait dans les Caraïbes, à proximité des côtes vénézuéliennes. Mais c’est dans la nuit du 3 janvier 2026 que le monde entier fut pris par surprise : un commando de l’armée américaine a capturé — vivant — Nicolás Maduro et sa femme. Les images ont fait le tour des réseaux sociaux : on y voit le président déchu vêtu d’une tenue sportive, affublé de dispositifs l’empêchant de voir et d’entendre.

Si plusieurs célèbrent la chute d’un dictateur parmi les plus décriés, d’autres émettent de sérieuses réserves quant au traitement de l’affaire, dans laquelle une puissance militaire s’arroge le droit d’enlever le président d’un pays indépendant, aussi impopulaire soit-il. En France, par exemple, Marine Le Pen rappelle le triste bilan de Maduro, tout en affirmant que la souveraineté des États est non négociable. Éric Zemmour, quant à lui, affirme que la force prime sur le droit. Jean-Luc Mélenchon, égal à lui-même, soutient Maduro et affirme qu’il doit retourner dans son pays.

Or, cette attaque surprise, menée de manière déconcertante pour les observateurs internationaux, constitue une victoire politique capitale pour Donald Trump. D’un côté, il affirme la suprématie militaire des États-Unis, capables d’agir comme bon leur semble, où qu’ils soient, tempérant ainsi ceux qui voient dans le pays une puissance déclinante. D’autres prennent des notes : cela pourrait nous arriver à nous aussi. Trump dispose de plusieurs cartes pour forcer les dirigeants mondiaux à accepter sa vision transactionnelle du monde.

Quant au Canada, il s’agit d’un camouflet majeur. Déjà, quantité de mèmes circulent affirmant que les prochains « kidnappés » par la Delta Force seront Mark Carney et Justin Trudeau, ce qui enlève un peu plus de légitimité démocratique à leurs figures. Mais ce ne sont pas seulement les dirigeants libéraux qui ont du souci à se faire : Trump affirme que l’une des raisons de l’intervention au Venezuela est le pétrole.

Or, le pétrole est l’un des enjeux centraux entre le Canada et les États-Unis. Les Américains, ayant désormais un accès facilité aux ressources pétrolières vénézuéliennes, achèteront-ils autant de pétrole canadien ? Il est permis de croire que cette question pèsera lourdement sur la table des négociations entre les deux pays.

Par ailleurs, cette attaque surprise, réalisée de main de maître sur le plan militaire, place l’Occident dans une position embarrassante : comment justifier le maintien de la démocratie, des droits de l’homme et de la souveraineté — par exemple à Taïwan ou en Ukraine — lorsque la position officielle de plusieurs gouvernements relativise ou minimise un coup de force mené sans l’aval du droit international ?

L’Occident — en particulier la France, le Royaume-Uni, le Canada, mais surtout les États-Unis — perdra encore davantage en crédibilité. L’Irak a été un traumatisme pour une partie du monde, et les plaies de Gaza sont encore vives. L’Occident devra, tôt ou tard, affronter ses contradictions et ce qui est perçu comme un double standard par les pays que nous qualifions de « Sud global ».

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