De l’URSS à la guerre d’aujourd’hui : le long chemin de l’Ukraine vers l’indépendance

Le 24 août 1991, l’Ukraine déclarait son indépendance de l’Union soviétique. Cette décision fut confirmée lors d’un référendum organisé le 1er décembre de la même année, où le « Oui » l’emporta avec une écrasante majorité : plus de 90 % des électeurs votèrent en faveur de l’indépendance, y compris dans des régions comme le Donbass et la Crimée. L’Ukraine se sépara ainsi de manière pacifique de l’URSS, ouvrant la voie à la construction d’un État souverain.

Depuis maintenant 34 ans, l’Ukraine tente de consolider ses institutions malgré les pressions internes et les menaces extérieures. Longtemps perçue comme une république gangrenée par la corruption et vulnérable aux influences russes, elle a cependant multiplié les efforts pour s’émanciper de la tutelle de Moscou. Cette volonté ne date pas de 1991 : déjà, pendant la guerre civile de 1917-1921, les nationalistes ukrainiens tentèrent de créer une république indépendante, rapidement écrasée.

Durant la Seconde Guerre mondiale, certains groupes ukrainiens ont collaboré avec l’occupant allemand, épisode qui sera instrumentalisé jusqu’à aujourd’hui par la propagande russe pour discréditer toute affirmation nationale ukrainienne. Pourtant, les Ukrainiens ont aussi massivement souffert des crimes de guerre nazis et développé une résistance active contre les deux régimes d’occupation, allemand et soviétique.

L’affirmation nationale ukrainienne plonge ses racines plus loin encore. Au XIXe siècle, le poète Taras Chevtchenko, né serf, fit entrer la langue ukrainienne dans la modernité et lui donna un rôle central dans l’identité culturelle. Plus tôt encore, les cosaques du Dniepr avaient incarné une forme d’idéal de liberté et d’autonomie qui marqua l’imaginaire collectif.

Depuis février 2022, l’Ukraine affronte une invasion à grande échelle des troupes russes. Alors que de nombreux analystes prédisaient la chute rapide de Kyiv, l’armée et le peuple ukrainiens ont surpris le monde par leur farouche résistance. Malgré la guerre de propagande menée par la Russie, notamment sur les réseaux sociaux, l’Ukraine s’est imposée comme un acteur incontournable sur la scène internationale. Son indépendance est désormais irréversible, même si de difficiles négociations entourent la question des territoires occupés.

Cette guerre crée cependant un dangereux précédent : la Russie a annexé des territoires par la force, remettant en cause l’ordre international issu de 1945. Cela ouvre la porte à d’autres puissances révisionnistes, comme la Chine, qui pourraient être tentées de s’inspirer de ce modèle. Les États baltes, la Moldavie et d’autres pays d’Europe orientale craignent d’être les prochaines cibles si l’Ukraine venait à céder.

Quoi qu’il en soit, en ce 24 août, souhaitons une bonne fête nationale aux Ukrainiens, à ceux qui défendent leur pays au prix d’immenses sacrifices, et à ceux qui, par le hasard de la vie, vivent au Québec et au Canada, mais gardent un lien indéfectible avec leur patrie.

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