Récemment, on apprenait, par le biais d’un article du New York Times, que la frontière entre le Canada et les États-Unis était particulièrement poreuse, avec un trafic d’armes à feu incessant. Celles-ci sont transportées de part et d’autre de la frontière par des moyens ingénieux, notamment grâce à des caches discrètes aménagées dans des bâtiments situés à cheval sur la ligne de démarcation. Pendant ce temps, les fusillades se multiplient à Toronto, faisant des morts parmi la population. Or, alors que le gouvernement fédéral s’acharne à retirer des armes acquises légalement aux honnêtes citoyens, le trafic, lui, prospère.
On se souvient de l’acharnement de l’ancien premier ministre Justin Trudeau à restreindre la possession d’armes à feu. Des conditions toujours plus sévères ont été instaurées, en plus de l’interdiction régulière de différents modèles, souvent en réaction à l’actualité en provenance des États-Unis, où des tueries surviennent fréquemment dans les écoles. Or, ce qui constitue une manœuvre politique à faible risque n’est en réalité que l’arbre qui cache la forêt.
Le trafic se fait à la frontière. La bibliothèque de Stanstead a déjà été un lieu d’échanges entre trafiquants, précisément parce qu’elle est située à cheval sur la frontière entre les deux pays. Et puisque celle-ci s’étend sur plusieurs milliers de kilomètres, presque impossible à surveiller intégralement, il n’est guère surprenant que des armes américaines soient utilisées dans des crimes violents au Canada.
Une arme achetée aux États-Unis pour 500 $ peut être revendue jusqu’à 4 000 $ au Canada. Et, petit détail révélateur : ce ne sont pas des propriétaires d’armes légitimes qui les achètent, mais des gangs de rue, qui n’ont que faire de la loi et encore moins de l’idée même d’obtenir un permis de port d’arme. Pendant ce temps, d’honnêtes citoyens sont soupçonnés d’être des criminels en raison de leur passion pour la chasse ou le tir sportif, alors que les véritables criminels, eux, se procurent librement des armes en dehors de tout cadre légal.
Tout cela amène à conclure que la politique canadienne de contrôle des armes à feu est largement inefficace. Il est certes souhaitable d’éviter le chaos qui prévaut aux États-Unis, mais partout où des politiques excessivement restrictives ont été appliquées, ce sont les citoyens respectueux des lois qui en ont payé le prix. Les criminels, tout comme certains régimes autoritaires, ont quant à eux profité de ce double standard pour consolider leur monopole de la violence.



