Grève de la STM : retirons des leçons des expériences en France et au Japon

Le syndicalisme a toujours fait partie de notre histoire. Il fut — et demeure parfois — nécessaire pour défendre les droits des travailleurs face aux abus de certains employeurs. Certaines avancées sociales, notamment en matière de santé et sécurité au travail, sont le fait des syndicats. Mais se peut-il que le droit de grève soit parfois utilisé de manière abusive, mettant en péril certains services essentiels?

Dans le cas de la grève qui secoue actuellement la Société de transport de Montréal, on peut se questionner quant à la légitimité des moyens de pression utilisés par les syndicats contre une société publique. Les témoignages d’usagers mécontents se multiplient sur les réseaux sociaux. Et ce n’est pas joli.

Martin Joseph Lamontagne, militant indépendantiste reconnu dans son milieu, travaille à l’entretien dans un hôpital. Il gagne 24 $ de l’heure. Pour se rendre au travail, il a dû payer un taxi à 70 $ le jour de la grève de 24h. En plus de devoir payer son titre mensuel de 105$. Ce qui est beaucoup pour lui. Et il est loin d’être le seul. Les bénéficiaires des banques alimentaires sont eux aussi souvent incapables de se rendre à Moisson Montréal ou dans d’autres organismes, faute de pouvoir se payer un taxi ou s’y rendre autrement.

La culture à Montréal souffre également des conséquences de la grève. L’affluence à certains événements a beaucoup baissé. Et en ce qui concerne les rendez-vous médicaux, certains patients doivent débourser de leur poche des montants importants pour aller voir leur médecin.

Au Japon, lorsqu’il y a une grève dans les transports, le fardeau n’est pas imposé aux usagers. Les conducteurs et contrôleurs ont pour consigne de laisser les gens voyager gratuitement. Ce qui contraste fortement avec la situation actuelle ici, où ce sont les gens du quotidien qui se retrouvent pris en otage par une grève qui aurait pu se faire autrement.

Un cas d’école : la France. Dans ce pays, qui possède pourtant l’un des meilleurs réseaux de transports publics au monde, les habitants ont massivement acheté des voitures. Et ce malgré le prix élevé de l’essence, les taxes et les mesures environnementales punitives décidées par certaines mairies écologistes.

Pourquoi? Parce que les gens savent qu’ils ne peuvent pas se fier à la SNCF et aux autres agences de transport pour aller travailler ou s’occuper de leur famille. C’est tout de même un comble pour un pays doté d’un réseau ferroviaire aussi développé. De plus, les tarifs des trains ont explosé ces dernières années. Résultat : les gens s’organisent autrement. Ils font du covoiturage. L’application BlaBlaCar connaît un énorme succès.

Voulons-nous vraiment de cela pour Montréal? On nous dit depuis des années qu’il faut moins de voitures sur les routes. Mais plus la grève s’éternise, plus les gens vont se lasser et acheter une voiture. Les syndicats doivent revoir leurs moyens de pression — et pénaliser l’employeur, non les citoyens qui dépendent d’un service essentiel.

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