Le mouvement actuel qui milite pour la libération de la Palestine et la fin de la guerre à Gaza traîne une image négative, notamment amplifiée par les réseaux sociaux. Il faut dire que plusieurs militants, islamistes avant d’être pro-Palestine, ont jugé opportun de provoquer la société d’accueil en organisant des prières publiques devant la basilique Notre-Dame.
Les images circulent massivement : qu’il fasse beau ou qu’il neige, on y voit des dizaines d’hommes, suivis par les femmes en arrière-plan, accomplissant une obligation rituelle de l’islam. La religion impose en effet aux fidèles cinq prières quotidiennes en direction de La Mecque, selon un horaire variable déterminé par la position du soleil.
Or, l’immense majorité des musulmans ne posent aucun problème. Ceux qui prient le font généralement chez eux ou dans des lieux désignés, comme les mosquées le vendredi autour de midi. Même dans de nombreux pays musulmans, la prière de rue est perçue par les autorités comme un acte de défiance ou une provocation.
C’est pourquoi les manifestations islamistes sont interdites dans plusieurs États, du Tadjikistan à la Tunisie, en passant par le Maroc et l’Égypte. Ici, au Canada, ces mêmes pratiques bénéficient de la protection constitutionnelle accordée à toutes les religions.
Le mouvement pro-palestinien a parfaitement le droit de manifester dans une démocratie. Mais, à la différence des décennies passées, il s’est considérablement islamisé. On est loin du temps où les cortèges contre les guerres à Gaza ou au Liban réunissaient Iraniens progressistes, communistes québécois et laïcs arabes.
Ces voix existent encore, bien sûr. Mais elles ne dominent plus la scène. Et à l’ère des algorithmes qui privilégient les contenus polémiques, l’image que retiennent la plupart des Québécois de ces rassemblements est franchement négative. Si ce mouvement souhaite redorer son image, il devrait commencer par empêcher les islamistes d’instrumentaliser l’espace public à travers des prières collectives qui braquent l’opinion.



