Le militant radical Frédéric Biron Carmel se préparerait à «liquider des sionistes» influents au Québec, «dès que les conditions le permettent»

Le dossier de Frédéric Biron Carmel vient de prendre une tournure autrement plus inquiétante.

Déjà accusé relativement à l’incendie de drapeaux israéliens devant l’hôtel de ville de Hampstead et remarqué récemment au palais de justice de Montréal parce qu’il y portait un chandail à l’effigie d’Abou Obeida, porte-parole militaire du Hamas, le militant montréalais aurait maintenant écrit publiquement qu’il se prépare à «liquider des sionistes parmi les plus influents et les plus puissants au Québec, dès que les conditions le permettent».

La capture d’écran de cette déclaration a été relayée mercredi par le chroniqueur et animateur Richard Martineau, qui demande ouvertement si la police s’est rendue chez Biron Carmel et décrit le message comme une «menace de mort directe».

À première vue, difficile en effet de traiter pareille formulation comme une banale outrance militante.

«Je me prépare à liquider des sionistes»

Dans la capture diffusée par Martineau, un compte utilisant le nom «Fred BC» répond à un internaute qui s’interroge sur son identité.

Après avoir affirmé qu’il n’est pas anonyme et que son identité peut être retrouvée facilement, l’auteur écrit : «Ce que je fais dans la vie? Je me prépare à liquider des sionistes parmi les plus influents et les plus puissants au Québec, dès que les conditions le permettent.»

Martineau a ensuite identifié publiquement «Fred BC» comme étant Frédéric Biron Carmel, identité qui concorde avec celle déjà associée à ce pseudonyme dans les discussions entourant son dossier judiciaire.

Le choix du verbe «liquider», combiné à l’identification d’une catégorie précise de personnes et à la mention d’un passage à l’acte lorsque «les conditions le permettent», donne à la publication une gravité particulière. Ce n’est plus simplement un slogan hostile à Israël ou au sionisme : l’auteur parle de ce qu’il se prépare lui-même à faire à des personnes au Québec.

C’est maintenant aux policiers et aux procureurs de déterminer si la déclaration franchit juridiquement le seuil d’une menace criminelle. L’article 264.1 du Code criminel interdit notamment de transmettre sciemment une menace de causer la mort ou des lésions corporelles à une personne.

Un contexte impossible à ignorer

Sur son compte Facebook, Biron Carmel affiche d’ailleurs comme citation de profil : «L’ordre par le chaos». Prise seule, la formule pourrait n’être qu’une posture provocatrice. Mais elle prend une résonance particulière lorsqu’elle est mise en parallèle avec ses publications, les gestes qui lui sont reprochés et, maintenant, cette déclaration où il affirme se préparer à «liquider des sionistes» lorsque «les conditions le permettent

Biron Carmel est l’homme arrêté après les incendies du drapeau israélien devant l’hôtel de ville de Hampstead en août 2025. Lors de son passage au tribunal en septembre, il s’est présenté vêtu d’un chandail représentant Abou Obeida, ancien porte-parole militaire des Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas. Ce détail avait été rapporté par Terry Newman dans le National Post.

Le gouvernement canadien classe le Hamas comme entité terroriste en vertu du Code criminel. Ottawa rappelle qu’il est criminel de participer sciemment aux activités d’une organisation terroriste ou d’y contribuer.

Selon Newman, Biron Carmel s’était même vanté publiquement d’avoir comparu devant plusieurs juges avec ce chandail sans qu’aucun ne lui adresse de reproche.

Ce contexte rend la nouvelle déclaration d’autant plus préoccupante.

Jusqu’où faut-il aller avant que les autorités réagissent?

Dans son dossier concernant Hampstead, Biron Carmel avait initialement fait face à quatre accusations, dont des volets relatifs à l’incitation à la haine et au caractère prétendument haineux du méfait, comme l’avaient rapporté plusieurs médias au moment du dépôt des accusations.

Il a depuis soutenu auprès de Québec Nouvelles que les «éléments haineux» ne se retrouveraient pas dans l’acte d’accusation produit après son enquête préliminaire, fournissant à l’appui la capture d’un courriel semblant provenir d’une procureure du DPCP.

Cela ne change toutefois rien à la nature de cette nouvelle publication, qui doit être évaluée pour elle-même.

Le contraste devient saisissant : un militant déjà poursuivi relativement à l’incendie de symboles israéliens, qui se présente devant les tribunaux en arborant une figure du Hamas et qui écrit maintenant qu’il «se prépare à liquider» des sionistes influents au Québec.

On pourra bien faire toutes les pirouettes légales qu’on veut pour tenter de définir autrement le terrorisme, mais lorsqu’un individu écrit qu’il se «prépare» à «liquider» des membres influents d’un groupe au Québec «dès que les conditions le permettent», après avoir publiquement affiché une figure militaire d’une organisation terroriste, il existe au minimum des questions sérieuses de sécurité publique auxquelles les autorités devraient répondre.

Richard Martineau pose la plus évidente : la police s’intéresse-t-elle à cette publication?

Après les incendies, le «Manifeste du brûleur de drapeau», le chandail d’Abou Obeida et maintenant cette déclaration, il devient de plus en plus difficile de réduire le dossier Biron Carmel à celui d’un militant qui se contente de provoquer.

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