Quelques jours seulement après avoir annoncé sa candidature sous la bannière du Parti vert du Québec (PVQ) dans la circonscription de Borduas, l’auteure-compositrice-interprète Maryse Letarte a annoncé qu’elle quittait déjà la formation politique. Dans une longue publication diffusée sur les réseaux sociaux, elle dresse un portrait extrêmement sévère du chef du parti, Alex Tyrrell, qu’elle accuse notamment d’avoir transformé le PVQ en un « véhicule personnel ».
Le contraste est frappant. Le 3 juillet dernier, le Parti vert annonçait avec enthousiasme l’arrivée de Maryse Letarte, saluant une candidate engagée pour la protection des animaux, l’environnement et la paix. Alex Tyrrell lui-même avait alors affirmé qu’elle incarnait les valeurs de bienveillance et de justice que souhaitait promouvoir le parti.
Or, moins d’une semaine plus tard, la candidate affirme avoir changé radicalement d’opinion après avoir pris connaissance de nombreux témoignages concernant le fonctionnement interne du parti.
« Un véhicule personnel »
Dans son message, Maryse Letarte explique qu’elle s’est engagée au Parti vert parce qu’elle croyait y trouver une formation politique vouée à l’environnement, à l’ouverture et à la défense de la cause animale.
« J’aurais dû en apprendre davantage au sujet d’Alex Tyrrell avant de m’engager pour le Parti vert », écrit-elle, ajoutant qu’elle comprend désormais « la hargne de certaines personnes » envers le chef du parti.
Selon elle, le PVQ ne correspondrait plus à l’organisation qu’elle imaginait.
« Le Parti Vert du Québec est devenu une « façade » et M. Tyrrell l’utilise comme un véhicule personnel », affirme-t-elle, soutenant que les militants insatisfaits n’auraient essentiellement d’autre choix que de quitter le parti.
Une longue liste de reproches
Dans sa publication, Maryse Letarte dresse également un résumé de ce qu’elle dit avoir découvert au sujet de la direction d’Alex Tyrrell.
Elle rappelle notamment que des membres de l’exécutif avaient demandé sa démission en 2019 et en 2020 en raison de son style de gestion, avant que plusieurs opposants ne soient expulsés du parti. Elle évoque également les controverses entourant certaines déclarations du chef sur la guerre en Ukraine en 2022, ainsi que la récente pétition réclamant son départ après ses propos à l’égard du Service de police de la Ville de Montréal et d’une policière impliquée dans une intervention à Côte-des-Neiges.
Selon l’artiste, malgré ces controverses répétées, Alex Tyrrell serait demeuré solidement en poste, laissant les candidats porter les conséquences des prises de position de leur chef.
La cause animale demeure
Maryse Letarte précise toutefois que son départ ne remet pas en question son engagement envers la cause animale, qui constituait la principale motivation de son entrée en politique.
Elle affirme vouloir poursuivre ce combat autrement, notamment par le militantisme, estimant que son bref passage au sein du PVQ lui a néanmoins permis de constater que la défense du bien-être animal bénéficie d’un appui plus large qu’elle ne le croyait.
En conclusion, elle remercie les personnes qui lui ont transmis des informations sur la situation interne du parti et affirme quitter la formation avec une profonde déception. Elle termine en soutenant que « les animaux méritent mieux que la maigre place que les partis politiques leur accordent ».
Cette démission éclair survient à quelques mois des élections générales québécoises et constitue un revers embarrassant pour le Parti vert du Québec, qui venait tout juste de mettre en valeur cette candidature dans sa campagne de recrutement de candidats en vue du scrutin automnal.



