Depuis deux ans, la bande de Gaza est ravagée par une guerre sans répit, ponctuée de frappes israéliennes, de déplacements massifs de civils et d’impasses diplomatiques qui semblaient condamner tout espoir de trêve. Les tentatives de médiation se sont succédé, sans jamais parvenir à briser le cycle de la violence.
Selon une dépêche de l’Agence France-Presse relayée par TVA Nouvelles, le Hamas a affirmé vendredi qu’il était prêt à libérer « tous les otages » encore retenus dans la bande de Gaza. Le mouvement islamiste a précisé que cette libération inclurait les personnes vivantes comme les dépouilles, en échange de prisonniers palestiniens incarcérés en Israël. Dans son communiqué, le Hamas ajoute être disposé à engager des négociations immédiates pour en définir les modalités.
Cette déclaration marque un tournant politique majeur. Depuis l’attaque du 7 octobre 2023, qui avait déclenché la guerre actuelle, la question des otages avait paralysé toutes les tentatives de médiation. Pour les familles israéliennes, l’annonce d’un accord de principe représente un espoir inattendu après deux années d’incertitude et de drame.
Le plan Trump et l’ultimatum
Le président américain Donald Trump avait fixé au Hamas un ultimatum clair : accepter sa proposition de paix avant dimanche 18 h, sous peine de représailles massives. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a présenté son offre comme « l’accord de la dernière chance », menaçant que si elle échouait, « l’enfer se déchaînera comme jamais contre le Hamas ».
Le plan prévoit un cessez-le-feu immédiat, la libération des otages dans les soixante-douze heures, le désarmement progressif du Hamas et un retrait échelonné de l’armée israélienne. Il inclut également la création d’une autorité de transition placée sous la supervision directe de Trump et le déploiement d’une force internationale. Avec cette proposition, l’ancien président se positionne comme arbitre central du conflit et entend s’ériger en artisan d’un règlement historique.
Gaza sous les bombes
Mais sur le terrain, la guerre continue de faire rage. L’AFP rapporte qu’au moins quarante-neuf personnes ont été tuées vendredi dans de nouvelles frappes israéliennes, dont trente-et-un à Gaza-ville. Depuis le 16 septembre, l’armée israélienne a lancé une vaste offensive sur ce secteur qu’elle considère comme le dernier bastion du Hamas.
Israël a appelé les civils à fuir vers Al-Mawasi, au sud de l’enclave, qualifiée de « zone humanitaire ». Toutefois, les Nations unies réfutent cette notion et affirment qu’aucun lieu n’est véritablement sûr. James Elder, porte-parole de l’UNICEF, a parlé de « lieux de mort », dénonçant l’entassement de civils dans des conditions intenables. L’UNRWA décrit des déplacements incessants et coûteux, tandis qu’Amnistie internationale dénonce des « déplacements massifs » forçant des centaines de milliers de Palestiniens dans des enclaves surpeuplées.
Des zones d’ombre persistantes
Le Hamas, tout en affichant son accord de principe, souligne que le plan de Trump comporte des « points de préoccupation ». La question du désarmement, perçue comme une remise en cause de son existence même, ainsi que l’éventuelle expulsion de certains de ses membres, figurent parmi les clauses les plus sensibles. D’après l’AFP, les discussions en cours à Doha révèlent également des divergences entre la direction en exil et les combattants restés sur le terrain.
Les médiateurs qataris, soutenus par plusieurs pays arabes et occidentaux, exercent de fortes pressions pour obtenir une réponse positive, même partielle. Comme l’a rappelé l’analyste Hugh Lovatt, il ne s’agit pas seulement de convaincre la direction politique à Doha, mais aussi de rallier les combattants à Gaza, sans quoi l’accord risque de rester lettre morte.
Une fenêtre fragile
L’ouverture du Hamas offre à Donald Trump une victoire diplomatique potentielle et une opportunité rare de désescalade. La libération des otages constituerait un geste d’une portée considérable, tant pour les familles israéliennes que pour les prisonniers palestiniens concernés. Mais les obstacles demeurent considérables : la méfiance israélienne, les divisions internes au Hamas et la réalité humanitaire désastreuse à Gaza.
Comme le souligne l’AFP, la situation actuelle tient à un équilibre précaire. Entre ultimatum américain, pressions internationales et chaos sur le terrain, la fenêtre pour un règlement politique est mince, mais elle représente peut-être la première véritable chance d’arrêter deux années de guerre qui ont ravagé la bande de Gaza et secoué l’ensemble du Moyen-Orient.



