Pourquoi l’Ukraine est un avertissement pour l’ensemble de l’Europe

Il est désormais acté, selon plusieurs médias comme pour certains décideurs internationaux, que l’Ukraine devra négocier sa reddition à la Russie. Et que Kyiv acceptera ce qui était jadis impensable : céder des territoires entiers à Vladimir Poutine. Si rien n’est encore figé dans le béton, l’avenir s’annonce sombre pour l’Ukraine, qui prépare déjà sa population à de douloureux compromis afin d’obtenir un accord de paix. Mais au-delà du conflit russo-ukrainien, c’est un avertissement pour l’ensemble de l’Europe, qui se prépare à la prochaine offensive russe.

Selon Le Canard enchaîné, les hôpitaux français auraient reçu pour consigne de se préparer à un conflit ouvert d’ici 2026 : il faudrait être en mesure d’accueillir des dizaines de milliers de soldats blessés en cas d’offensive militaire étrangère.

Il y a quelques années encore, un tel scénario relevait du thriller politique hollywoodien. Aujourd’hui, il pourrait bien devenir réalité. La France, l’Allemagne, la Pologne et leurs alliés se préparent à l’éventualité d’une nouvelle attaque d’une puissance hostile galvanisée par ses succès : la Russie.

Certains pays scandinaves, qui avaient récemment aboli le service militaire obligatoire, l’ont rétabli en raison des menaces croissantes de l’expansionnisme russe. La Finlande prépare ses citoyens, hommes et femmes, au secourisme, à la survie et au maniement des armes. La Suède a diffusé un document en plusieurs langues pour informer sa population sur les conséquences possibles d’une agression armée et sur les mesures à prendre en cas de rupture de services essentiels.

Les sanctions contre la Russie pourraient avoir des effets à long terme, notamment en compliquant l’accès de son industrie militaire et civile à des pièces critiques. Mais pour l’heure, Moscou continue de vendre son pétrole à des régimes révisionnistes comme l’Inde et la Chine. Certains de ces pays vont même jusqu’à le revendre, avec un profit considérable, aux Européens eux-mêmes.

L’Ukraine a pourtant réussi à résister, alors que les médias — et même la CIA — prédisaient une chute rapide du gouvernement de Kyiv. Moscou voulait le remplacer par un homme de main. D’où l’importance de prendre au sérieux les rapports du renseignement. Si la CIA a connu une période trouble sous George W. Bush avec l’affaire des armes de destruction massive en Irak, elle a en revanche parfaitement cerné la menace russe contre l’Ukraine, menace que peu prenaient au sérieux jusque-là.

Le Canada, de son côté, souhaite porter à 5 % de son PIB les dépenses militaires. Des débats émergent, en français comme en anglais, sur la nécessité d’imposer un service militaire ou civique obligatoire aux jeunes générations. Les gouvernements occidentaux sont-ils des va-t-en-guerre paranoïaques, comme aiment le prétendre certains partisans du Kremlin ?

Bien sûr, les gouvernements suivent un agenda. Mais un tel niveau d’engagement, aussi soudain, alors que les ressources viennent à manquer ailleurs, montre que la menace n’est pas si exagérée. D’ailleurs, le gouvernement canadien conseille à la population de conserver chez elle de quoi survivre au moins 72 heures sans secours : eau, nourriture, moyens de chauffage et de cuisson sans électricité.

L’Ukraine constitue un avertissement : si le pays tombe, qu’est-ce qui empêchera la Russie de venir au « secours » de ses minorités vivant dans les pays baltes ? Voilà pourquoi il faut prêter une oreille attentive à ces petits États, marqués par l’occupation soviétique et qui en gardent un souvenir amer. Car si ces pays étaient agressés, ce serait toute l’Europe — et l’ensemble de l’OTAN — qui se retrouverait dans l’eau chaude.

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