Jennifer Hamilton-McCharles dans les pages du National Post rapporte une décision judiciaire sans précédent au Canada : Kenneth Paulin, un homme de 51 ans de North Bay, a été condamné à neuf mois de prison et deux ans de probation pour avoir nié l’Holocauste et pour avoir diffusé des messages haineux contre la communauté juive. La journaliste explique que, selon les procureurs de la Couronne, il s’agit de la toute première condamnation de ce genre au pays.
L’affaire a débuté en juin dernier, lorsque la police de North Bay a arrêté Paulin après une enquête de sept mois sur ses activités en ligne. Ses publications sur les réseaux sociaux et ses vidéos dénigraient ouvertement les Juifs, véhiculaient des théories du complot, relançaient de vieilles accusations de « crime rituel » et incitaient à la violence. Parmi les propos les plus choquants, Paulin affirmait que « six millions n’ont pas été tués, mais auraient dû l’être », qualifiait les Juifs de « démons » et de « plus grands meurtriers de l’histoire », et allait jusqu’à soutenir un soi-disant « Worldwide Jew Hunt ».
Le Friends of Simon Wiesenthal Center (FSWC) a joué un rôle important en documentant la portée de ces discours. Dans une déclaration d’impact communautaire soumise au tribunal en août, Jaime Kirzner-Roberts, directeur principal des politiques et du plaidoyer au sein de l’organisme, a décrit les publications de Paulin comme « un effort orchestré pour répandre la haine, normaliser l’antisémitisme et encourager les autres à considérer les Juifs comme des ennemis à moquer, chasser et détruire ».
Kirzner-Roberts a aussi rappelé que « l’antisémitisme inflige des torts profonds aux Canadiens juifs, déjà la minorité la plus ciblée par les crimes haineux au pays, mais qu’il représente également une menace pour la démocratie elle-même en alimentant l’extrémisme et en sapant les valeurs fondamentales du Canada ».
Le FSWC a salué la décision des procureurs, de la police et du ministère de la Justice d’avoir traité ce dossier avec sérieux, affirmant que ce jugement envoie un signal clair : la glorification et le déni de l’Holocauste, tout comme l’incitation à la haine, ne seront pas tolérés dans une société qui défend la dignité, la sécurité et la liberté de tous ses citoyens.



