Sandrine Rousseau ne veut plus recevoir vos photos de barbecues

La députée écologiste française Sandrine Rousseau a une nouvelle fois fait parler d’elle sur les réseaux sociaux. Le 14 juin dernier, dans une publication Facebook au ton lassé et involontairement hilarant, elle a demandé aux internautes de « bouffer [leurs] animaux morts en [l’]oubliant ! », en réaction aux multiples photos de barbecues à base de viande qu’elle dit recevoir depuis maintenant deux ans. La publication est accompagnée d’un montage d’images, visiblement tirées de stories Instagram, montrant entre autres côtelettes, saucisses, entrecôtes, viandes saignantes et autres tomahawks grillés, toutes taguées de manière moqueuse avec le pseudonyme @sandrousseau.

Le message est clair : l’élue écologiste ne souhaite plus être la cible de ce qu’elle perçoit comme une provocation culinaire. « Deux ans que ça dure », écrit-elle, visiblement fatiguée d’être régulièrement interpellée avec des images de viande grillée. Militante engagée pour le véganisme et la cause animale, Sandrine Rousseau voit probablement dans ces photos non pas de simples plaisanteries, mais des gestes de défi politique.

Publication Facebook de Sandrine Rousseau

Une figure de proue du wokisme à la française

Cette sortie n’est pas un dérapage isolé. Sandrine Rousseau est devenue, ces dernières années, l’un des symboles les plus polarisants de la gauche écologiste et du mouvement dit « woke » en France. Ses prises de parole ne laissent personne indifférent, tant elles touchent des sujets inflammables comme l’écologie radicale, le féminisme décolonial, la masculinité toxique ou encore la cause animale.

En 2022, elle avait notamment déclenché un tollé en accusant le barbecue d’être un « symbole de virilité », suggérant que la cuisson de viande rouge au feu de bois représentait un étalage d’un certain patriarcat. Cette déclaration avait alors été largement moquée, reprise par ses détracteurs, et avait sans doute contribué à l’élan de ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui le « spam carnivore » auquel elle fait référence.

Sandrine Rousseau a aussi appelé à une « écologie dégenrée », plaidé pour la « déconstruction des hommes » au sein même de son propre parti, et soutenu publiquement plusieurs figures controversées du militantisme intersectionnel. Ces positions, souvent mal reçues dans l’opinion publique, ont renforcé son image de militante extrême auprès de nombreux Français.

L’écologie punitive ou l’écologie de rupture ?

La députée de Paris fait partie d’un courant écologiste qu’on pourrait qualifier de « rupturiste » : rupture avec le capitalisme, avec la société de consommation, avec les normes alimentaires, vestimentaires et culturelles. Le véganisme, chez Rousseau, n’est donc pas simplement un choix de vie personnel, mais un acte politique. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’elle perçoive l’envoi d’images de steaks saignants comme une forme d’agression symbolique.

Ses opposants, eux, dénoncent une écologie culpabilisatrice, voire méprisante. Pour eux, ce genre de déclaration renforce l’idée que les écologistes seraient déconnectés des réalités populaires, notamment de la culture alimentaire française dans laquelle le barbecue, la viande et la convivialité estivale occupent une place bien ancrée.

Quand le militantisme devient caricature

Mais la véritable question soulevée par cette publication n’est peut-être pas celle du véganisme ou de l’écologie, mais celle du style politique. Sandrine Rousseau cultive une forme de provocation militante, presque performative, qui suscite autant l’adhésion de certains militants que l’agacement du grand public. Chaque sortie est pensée comme un acte de clivage, quitte à provoquer un rejet massif. Loin de chercher le consensus, elle semble assumer d’être une figure repoussoir pour les électeurs « non éveillés ».

Cette stratégie a-t-elle encore un avenir au sein d’un parti écologiste déjà en perte de vitesse électorale ? La question mérite d’être posée. Mais pour l’heure, une chose est sûre : Sandrine Rousseau ne veut plus recevoir vos photos de barbecues. À bon entendeur.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine