Un projet de GNL québécois attire l’attention d’Ottawa : une option stratégique pour l’Europe

Depuis des mois, le gouvernement de Mark Carney place les «grands projets» au cœur de sa stratégie économique et énergétique, promettant d’accélérer leur approbation pour renforcer l’autonomie du pays. Mais sur le dossier du gaz naturel liquéfié (GNL) au Québec, Ottawa est resté étrangement discret. Or, comme le rapporte La Presse Canadienne dans un article publié le 2 octobre 2025, des documents internes viennent lever le voile : une note rédigée en mai par Ressources naturelles Canada confirme que les hauts fonctionnaires fédéraux voyaient dans le projet de terminal de Marinvest Energy Canada – filiale d’une entreprise norvégienne – une occasion stratégique d’exporter des volumes «substantiels» de GNL vers l’Europe, au moment même où le Vieux Continent cherche à sécuriser ses approvisionnements et à préparer sa transition énergétique.

Un potentiel stratégique pour le Québec et le Canada

Toujours selon La Presse Canadienne, la note interne précisait que le projet pourrait positionner le Canada comme un acteur clé du marché européen du GNL. Située près de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord, l’installation serait reliée à un nouveau pipeline gazier, permettant d’acheminer directement la ressource vers les marchés internationaux.

Le document invitait également le gouvernement à recueillir la vision de Marinvest sur les perspectives de demande européenne et sur la manière dont ce projet pourrait s’inscrire dans les nouvelles règles fédérales de développement accéléré des projets d’envergure.

Le contexte législatif et politique

La Presse Canadienne rappelle qu’Ottawa a adopté en juin dernier le projet de loi C-5, pilier de la stratégie de Mark Carney pour accélérer l’approbation des projets jugés d’intérêt national. Les fonctionnaires fédéraux avaient d’ailleurs souligné l’importance de discuter avec Marinvest de la manière dont son initiative pourrait bénéficier de ces nouvelles dispositions.

Interrogé par l’agence, le bureau du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Tim Hodgson a indiqué que tous les projets qui seront référés au nouveau bureau des grands projets devront répondre à des critères précis : renforcer l’autonomie énergétique, apporter des bénéfices économiques, avoir de fortes chances de succès, favoriser la participation autochtone et contribuer aux objectifs climatiques.

Une fenêtre d’opportunité pour l’Europe

Selon les propos rapportés par La Presse Canadienne, Greg Cano, chef de l’exploitation de Marinvest Energy Canada, affirmait déjà cet été qu’il existe une « demande claire et croissante » de GNL en Europe et que le Québec se trouve dans une position « stratégique » pour y répondre.

La compagnie, inscrite au registre des entreprises du Québec en juin dernier, précise pour l’instant qu’elle en est aux étapes exploratoires. Sa priorité immédiate, a-t-elle déclaré, est d’engager le dialogue avec les communautés autochtones de la région afin d’intégrer leurs perspectives dès la conception du projet.

De Saguenay à Baie-Comeau : un nouveau départ?

La Presse Canadienne rappelle enfin que le Québec avait rejeté en 2021 un projet similaire dans la région du Saguenay, décision confirmée ensuite par le gouvernement fédéral. Toutefois, le contexte a changé : l’Europe est en quête de nouvelles sources d’approvisionnement et Ottawa a créé un cadre législatif favorable aux projets énergétiques jugés prioritaires.

Ainsi, même si Marinvest insiste sur le caractère préliminaire de son initiative, l’intérêt manifesté par les autorités fédérales illustre bien que le débat sur le rôle du Québec dans l’exportation de gaz naturel est loin d’être clos.

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