D’après un article de Bryan Passifiume publié dans le Toronto Sun le 18 juin 2025
La controverse enfle à Ottawa autour de l’interdiction imminente de vendre des véhicules à essence, alors que le Parti conservateur accuse le premier ministre Mark Carney de servir les intérêts économiques de son ancien employeur, Brookfield Asset Management.
Comme le rapporte Bryan Passifiume dans le Toronto Sun, le chef de l’opposition officielle à la Chambre des communes, Andrew Scheer, a vivement critiqué Carney lors de la période de questions du 18 juin. Selon lui, le gouvernement libéral maintient une politique impopulaire héritée de l’ère Trudeau – celle d’imposer une transition obligatoire vers les véhicules électriques (VE) – non pas pour des raisons environnementales, mais pour des raisons économiques liées aux placements privés du premier ministre.
« Les Canadiens, les travailleurs de l’automobile, Ford, GM, aucun d’eux ne veut de ce mandat, mais le premier ministre continue d’insister », a lancé Scheer. « Pourquoi? Parce qu’avant de devenir premier ministre, il présidait Brookfield, où il militait déjà pour l’interdiction des voitures à essence. Brookfield est fortement investi dans la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques. Si le premier ministre refuse de divulguer ses intérêts financiers et ses conflits d’intérêts, n’est-ce pas simplement parce que cette politique n’a rien à voir avec l’environnement, mais tout à voir avec les profits de Brookfield? »
Les intérêts financiers de Carney, notamment ses avoirs dans Brookfield, avaient déjà suscité des inquiétudes lors de sa campagne à la direction du Parti libéral et pendant les élections fédérales. À plusieurs reprises, Carney a tenté de rassurer les journalistes en affirmant que tous ses actifs cotés en bourse avaient été placés dans une fiducie sans droit de regard. Mais selon des documents de la SEC (Securities and Exchange Commission) datés du 31 décembre, Carney détenait encore près de 7 millions de dollars américains en options d’achat d’actions non exercées chez Brookfield.
Face aux critiques, le ministre de l’Intelligence artificielle Evan Solomon n’a pas répondu directement aux questions sur le portefeuille financier du premier ministre. Il a plutôt défendu les investissements du gouvernement dans le secteur automobile, évoquant notamment la future usine de batteries Volkswagen à St. Thomas, en Ontario, un projet évalué à 7 milliards de dollars.
« Ce gouvernement investit dans les travailleurs et veille à ce que l’industrie automobile canadienne soit solide, résiliente et prospère », a déclaré Solomon.
Mais les conservateurs ne relâchent pas la pression. Pour une deuxième journée consécutive, ils ont dénoncé la politique fédérale sur les véhicules électriques, qui prévoit qu’à partir de 2035, 100 % des véhicules neufs vendus au Canada devront être électriques. Dès 2026, 20 % des nouvelles ventes devront déjà être conformes à cette règle.
Le gouvernement se retrouve aussi en décalage avec l’industrie automobile elle-même. Le président de l’Association canadienne des fabricants de véhicules, Brian Kingston, a qualifié les mandats sur les VÉ de « pure fantaisie » et dénoncé une législation « fabriquée au Canada » qui restreint la liberté des consommateurs.



