Washington ouvre ses portes aux indépendantistes de l’Alberta

À Washington, l’indépendance de l’Alberta n’est plus seulement un slogan : elle a été discutée à huis clos avec des représentants de haut niveau de l’administration Trump. Comme l’explique David Wiechnik dans le Western Standard, l’avocat Jeffrey Rath, accompagné de Mitch Sylvestre et du Dr Dennis Modry au nom de l’Alberta Prosperity Project (APP), a rencontré lundi des responsables américains, marquant selon lui « une avancée significative » dans la reconnaissance du projet indépendantiste.

Rath, conseiller juridique de l’APP, précise qu’un des participants à cette réunion s’est dirigé immédiatement vers le Bureau ovale, preuve selon lui du sérieux avec lequel les États-Unis suivent ce dossier. Les discussions auraient porté sur la reconnaissance rapide d’un éventuel État albertain après un référendum réussi, ainsi que sur la mise en place d’un accord de libre-échange basé sur le principe de réciprocité. L’idée d’un marché commun avec les États-Unis, incluant « zéro tarif sur tous les biens et services », a même été évoquée.

Si certains agitent la possibilité de voir l’Alberta devenir le 51e État américain, Rath rejette l’hypothèse comme irréaliste. Il rappelle que l’adhésion nécessiterait une constitution propre et l’approbation du Congrès et du Sénat, un processus politiquement quasi impraticable, surtout compte tenu de la question de Porto Rico et de Washington D.C.

Sur le plan intérieur, l’élan indépendantiste s’explique, selon Rath, par la frustration croissante envers Ottawa, notamment après le maintien du plafond des émissions décidé par le gouvernement fédéral. Il affirme que « 75 % des membres du Parti conservateur uni » soutiennent désormais la souveraineté. Pourtant, des voix critiques, comme celle d’Adrienne Davidson, politologue à l’Université McMaster, estiment qu’aucun élément concret ne prouve qu’un référendum franchirait les seuils nécessaires.

La première ministre Danielle Smith, de son côté, continue de marteler qu’elle veut « une Alberta forte et souveraine au sein d’un Canada uni ». Mais Rath l’accuse d’ignorer la volonté de sa base, allant jusqu’à qualifier son style de « dictatorial ».

Ce nouvel épisode illustre à quel point l’APP cherche à crédibiliser sa démarche sur la scène internationale, en misant sur l’appui symbolique des États-Unis. Mais il souligne aussi le fossé croissant entre l’aile indépendantiste du mouvement conservateur albertain et une direction politique plus prudente, soucieuse de maintenir un équilibre fragile avec Ottawa.

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