Une infraction électorale confirmée
Le Commissaire aux élections fédérales a confirmé que la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), inscrite comme tierce partie lors de la 44e élection fédérale du 20 septembre 2021, a enfreint la Loi électorale du Canada. Comme l’a rapporté Alexa Lavoie de Rebel News en partageant le procès-verbal officiel, la centrale syndicale n’avait pas ouvert de compte bancaire unique réservé à ses activités électorales, tel qu’exigé par l’article 358.1(1) de la Loi.
Bien qu’elle ait déclaré 8 568,28 $ en dépenses de publicité partisane, ces sommes n’ont pas été payées à partir d’un compte réservé à la campagne. L’amende s’élève à 1 000 $. Le jugement note un facteur aggravant, en raison d’antécédents de non-conformité lors de la 43e élection fédérale (octobre 2019), mais aussi un facteur atténuant : la coopération rapide de la FTQ avec le Bureau du commissaire.
Ce n’est donc pas la première fois que la centrale syndicale se fait rappeler à l’ordre pour ses pratiques politiques.
Une centralisation du militantisme politique
Cette sanction s’inscrit dans un contexte plus large où la FTQ est accusée de s’éloigner de son mandat strictement syndical. Comme l’analysait Anthony Tremblay pour Québec Nouvelles en janvier 2024, les centrales syndicales québécoises ont progressivement basculé dans des combats idéologiques, souvent alignés avec les thèses dites « woke » : défense du « racisme systémique », opposition à la loi 21, et appui aux politiques d’immigration massive.
Magali Picard, présidente de la FTQ, s’était notamment insurgée contre le refus de François Legault de reconnaître le concept de racisme systémique, tout en affichant une proximité marquée avec Justin Trudeau. Déjà, la FTQ s’inquiétait de la montée de Pierre Poilievre, qu’elle a combattu ouvertement lors de la campagne de 2025.
Ces prises de position illustrent une évolution : les syndicats ne défendent plus uniquement les conditions de travail de leurs membres, mais se font les vecteurs d’un agenda politique de gauche élargie, misant sur les minorités raciales, sexuelles et religieuses comme nouveaux piliers militants.
Dérapages et perte de crédibilité populaire
Ce militantisme politique s’ajoute à des scandales de gestion qui minent la crédibilité des syndicats. Dans un article publié en février 2025, je rappelais que les pratiques de certains dirigeants de la FTQ témoignent d’une déconnexion croissante avec les travailleurs. On y évoquait notamment le voyage luxueux à Dubaï de Magali Picard, ou encore des dépenses somptuaires de plusieurs milliers de dollars en alcool haut de gamme.
Ces excès surviennent alors que la FTQ multiplie les grèves et les pressions politiques, souvent au détriment de la population prise en otage. L’exemple des cols bleus de Québec en 2025 illustre cette tendance : un salaire maximal proposé de 93 500 $ fut rejeté par 90 % des membres, déclenchant une grève générale illimitée et perturbant services essentiels et événements culturels.
Une question de légitimité démocratique
En se plaçant directement dans l’arène électorale – par la publicité partisane, les campagnes d’opinion et maintenant des violations répétées de la Loi électorale – la FTQ brouille les lignes entre action syndicale et militantisme politique. Or, la légitimité de ce type d’ingérence démocratique est de plus en plus contestée.
Comme le souligne le procès-verbal du Commissaire aux élections fédérales, les syndicats doivent se conformer aux règles du jeu démocratique. Mais le problème va au-delà de la procédure : il touche à la nature même du rôle syndical. Défendre les conditions de travail n’implique pas nécessairement de faire campagne contre un chef de parti ou de se substituer aux partis politiques.
La récurrence des infractions, combinée à une politisation croissante, alimente la perception que la FTQ agit moins comme un syndicat que comme une machine militante ancrée dans une idéologie de gauche radicalisée. Cette dérive pose une question fondamentale : qui la FTQ représente-t-elle réellement — ses membres, ou un agenda politique qui les dépasse?



